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DD Flahaut
Il y a des jours où L'Édito est fier d'être belge !
Ceux qui le connaissent savent bien qu'il est loin de considérer le patriotisme comme une valeur mais il faut reconnaître que nous vivons dans un pays qui n'est pas si mal que ça, dans le fond.
Pour preuve : la récente annonce par le ministre fédéral André Flahaut de l'entrée de l'armée dans la voie du développement durable par toute une série de mesures en cours ou à venir. De prime abord, ça peut sembler incongru mais, en y regardant de plus près, c'est tout à fait logique et sensé. En effet, tout organe de l'État se doit de montrer l'exemple et pas seulement les ministères de l'environnement (eh oui ! il y en a plusieurs, ici), les transports publics ou le Prince Laurent. Tout le monde doit s'y mettre ! Et le choix annoncé par André Flahaut s'inscrit dans la prise en compte du développement durable comme une affaire qui nous concerne tous et en faveur de laquelle chacun doit faire un effort. Et, en matière d'effort, l'armée n'y va pas avec le dos du fusil-mitrailleur !
Depuis janvier, par exemple, tous les avions de l'armée belge sont équipés de catalyseurs de dernière génération faisant chuter la pollution générée (surtout en haute atmosphère) SANS INFLUER SUR LES PERFORMANCES ! Même l'aviation civile, pour des raisons de concurrence, n'a pas encore adopté de mesures si strictes. Et ce n'est qu'un début. Ainsi, des travaux de débroussaillement ont commencé sur les bases aériennes de Florennes et de Beauvechain afin d'y cultiver du colza dès l'année prochaine pour la production de biocarburant en remplacement du kérosène. Ce choix écologique est également un choix stratégique permettant d'acquérir une indépendance énergétique et ainsi, en cas de rupture d'approvisionnement de pétrole lors d'un conflit, de pouvoir continuer à faire voler nos avions, ne serait-ce que quelques jours.
Autre exemple : le Crocus (un navire dragueur de mines) est actuellement en cale sèche aux chantiers navals de Tamise pour un désamiantage complet évitant ainsi tout risque de dissémination dans l'atmosphère lors d'un éventuel accident. Les autres bâtiments de la flotte suivront d'ici 2018 (hormis, bien sûr, le navire de secours Stern, de conception récente et respectueuse de l'environnement). De même, la marine va sous peu faire l'acquisition d'un système finlandais de dépollution semblable aux billes anti-feu utilisées dans les réservoirs de voitures de course. Dans ce cas-ci, les billes contiennent un dispersant évitant au mazout des réservoirs de causer une mini marée noire si ceux-ci sont touchés.
Les obus et bombes vont, eux aussi, être modifiés : le métal qu'ils contiennent sera, autant que possible, remplacé par un plastique thermorésistant mais biodégradable et leur isolation antichoc, composée actuellement d'une mousse synthétique, sera remplacée par de la cellulose, telle celle utilisée dans l'isolation thermique des maisons bio. La diminution de la quantité de métal les rendra, de plus, moins visibles au radar. Si, par contre, il ne semble pas encore y avoir de solution pour le remplacement du métal dans les munitions des armes légères, le ministre a annoncé que, à la demande de l'armée, la Fabrique Nationale de Herstal étudie une nouvelle poudre exempte de composés nitrés irritants pour les poumons et générateurs de pluies acides. Dans la même logique, les PCB (substances à l'origine de la crise des poulets à la dioxine de 1999) et le fulminate de mercure seront éliminés des détonateurs des armes nucléaires hébergées sur le site de Kleine Brogel afin d'éviter toute contamination de la zone bombardée.
Et l'adaptation de l'équipement n'est pas la seule voie prise par l'armée pour entrer dans le développement durable. La stratégie peut elle aussi influencer sur l'environnement. Ainsi, parmi d'autres mesures, on peut épingler le choix annoncé de déployer préférentiellement les troupes par largage en parachute afin de diminuer le nombre d'atterrissages et décollages ou celui de l'éducation à l'alimentation bio auprès des populations locales lors des missions humanitaires.
Même en ne portant pas les forces armées dans son cœur, quand elles s'engagent réellement dans la construction d'un monde plus sain, plus propre et plus humain, L'Édito applaudit des deux mains !
Petite suggestion cependant à monsieur Flahaut : pour aller encore plus loin dans cette voie, vous pourriez faire fabriquer le contenu des rations de survie avec des produits issus du commerce équitable. Mieux ! vous pourriez choisir préférentiellement des produits équitables venant de zones où la Belgique est ou a été déployée pour fournir ainsi des biscuits militaires à base de froment d'Afghanistan ou des abricots secs du Kosovo, voire, bientôt, des dattes du Liban. Au-delà de la solidarité, ce serait un signe fort pour le rapprochement entre les peuples !
Vivement recommandé, le portail Développement Durable de l'armée belge : http://www.mil.be/durable/index.asp?LAN=fr
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Bienvenue dans la vraie vie® (Knorr®, Unilever®)
Le 23 mai 2006, le tribunal de grande instance de Toulouse a interdit aux magasins de vêtements Momo le Homard® (Finistère, département 29®) d'utiliser le nombre 29® écrit en chiffres romains sur ses articles sous prétexte qu'il a été déposé par la société basque Bil Toki®. D'autres nombres sont ainsi déposés et si, par exemple, vous souhaitez lancer une gamme de produits cométiques portant le code postal du centre de Bruxelles, tant pis pour vous, 1000® appartenant à Procter & Gamble®. De même, 5® appartient à Chanel®.
Pour déposer une marque, il suffit de vérifier qu'elle n'est pas déjà attribuée à quelqu'un d'autre dans le même secteur d'activité, de demander ensuite aux autorités compétentes pour pouvoir enregister la marque, et puis, enfin, de payer. Pour enregistrer une marque pendant 10 ans dans le Benelux, cela vous coûtera 240€. (Remarque d'à-propos : si le symbole € est bien d'utilisation libre, le mot Euro® est, lui, enregistré comme nom de litière pour animaux.)
Nous savions déjà que nous pouvons nous faire déposséder de notre prénom suite à l'affaire milka.fr où une couturière prénommée Milka® a dû céder, sur ordre de justice, l'adresse du site Internet de son magasin au groupe alimentaire Kraft Food®, filiale d'Altria® (nouveau nom de Philip Morris®). Votre prénom est certainement déjà lui aussi une marque déposée. D'ailleurs, notre souverain sait-il que le sien est enregistré par le groupe pharmaceutique Aventis® pour désigner des médicaments pour l'application interne, des produits pour la destruction d'animaux et de végétaux (*) et des désinfectants ?
Mais, plus que cela, tous les mots peuvent être (ou sont déjà) enregistrés. Ainsi, Édito® appartient à une société de petit mobilier, dont une grosse part en plastique. Bonheur® appartient à Nestlé®. Pour l'Amour® ou le Jeu®, adressez-vous à L'Oréal®. Quant à l'Humour®, il vous promet du strontium.
Récemment, sur Télé Bruxelles®, le participant à un jeu® expliquait qu'il travaillait pour « un magasin de meubles en kit suédois » pour éviter de faire de la publicité clandestine. En poussant la logique un peu plus loin, les médias devraient éviter de prononcer tout mot susceptible d'être une marque. Il faudrait même bannir le simple bonjour® (Nestlé®). Les périphrases et les circonvolutions de langage que cela occasionnera nous promettent bien du plaisir® (Citroën®). À la météo, on ne pourra plus dire « Demain®, il® y® aura® du® soleil® » mais un simple « Jeudi ensoleillé ». Si, par malheur, le demain® en question est un vendredi®, on® n®'est® pas® sortis® de® l®'auberge®.
Et® chaque lettre de® l'alphabet® étant déposée
(R® appartient à l®'équipementier pétrolier Halliburton®, E® à Canon®, etc®.), n®o®u®s® n®e® p®o®u®r®r®i®o®n®s® m®êm®e® p®l®u®s® l®e®s® u®t®i®l®i®s®e®r® l®i®b®r®e®m®e®n®t®. H®e®u®r®e®u®s®e®m®e®n®t®, i®l® n®o®u®s® r®e®s®t®e® l®e® m®o®r®s®e®...
" -... / .. / . / -. / ...- / . / -. / ..- / . // -.. / .- / -. / ... // ..- / -. // -- / --- / -. / -.. / . // -- / . / .. / .-.. / .-.. / . / ..- / .-. "® ( .-. / .... / --- / -. / . // .--. / --- / .-.. / . / -. / -.-. ®)
* : Son épouse est-elle d'accord, son prénom à elle étant enregistré pour des rosiers et plants de rosiers ?
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Maisons passives
L'Édito devient un "vrai" journaliste (vous savez ? le genre de personnes qui, généralement, répètent ce qu'on leur a dit sans aller voir plus loin si c'est vrai). Il collabore avec un important quotidien belge mais, comme il est indépendant, il a le droit de diffuser ses écrits où il veut. Voici donc un dossier qu'il a publié fin mai 2006. Habiter dans une grande bouteille thermos. Avec l'augmentation des prix de l'énergie et l'intensification de l'effet de serre due aux rejets de gaz par l'activité humaine, des solutions voient le jour afin de réduire notre dépendance énergétique et notre empreinte écologique. Parmi elles, les maisons passives. Imaginez une maison sans radiateurs, ne consommant en chauffage que le quinzième d'une maison classique et où il fait bon vivre toute l'année. Un rêve ? Pas du tout. Déjà plus de 3500 bâtiments de ce type existent déjà en Allemagne, là où est né ce concept de maison passive en 1988. En Belgique, une quinzaine de projets de maisons ou de bureaux sont en cours ou déjà réalisés, essentiellement en Flandre. Le secret de cette efficacité énergétique tient en deux principes très simples. Tout d'abord, la maison est conçue pour éviter toute déperdition de chaleur. Ainsi, l'isolation est maximale, avec une épaisseur de plusieurs dizaines de centimètres, le vitrage est triple et la chasse est faite aux déperditions de chaleur par les fuites d'air ou par les ponts thermiques. Mais la vie serait impossible dans une telle bouteille thermos, d'où l'astuce d'aérer sans pour autant refroidir la maison. L'air vicié est évacué et croise l'air frais au sein d'un échangeur de chaleur permettant, sans que les flux d'air ne se touchent, de récupérer jusqu'à 90 % de celle-ci. On peut également faire transiter l'air frais par un puits canadien avant son arrivée dans l'échangeur pour profiter de la régulation calorifique naturelle du sol. Dès lors, la chaleur produite à l'intérieur de la maison et l'éclairage naturel suffisent à maintenir une température agréable dans tout le bâtiment. En hiver, un petit chauffage d'appoint (solaire, électrique, pompe à chaleur, feu,...) est cependant parfois encore nécessaire mais sa consommation est sans commune mesure avec celle du chauffage central d'une maison classique. Dans la même logique, on privilégie des parois et aménagements ayant une inertie thermique aussi faible que possible afin de pouvoir rapidement réchauffer la maison après quelques jours d'absence en hiver. Cependant, avec un tel système, il n'est pas possible de pouvoir choisir la température dans chaque pièce. Si une personne utilise un four dans la cuisine, le système de ventilation va envoyer un air à la même température dans toutes les pièces, rafraîchissant aussi celle où quelqu'un lit un livre. Cet écueil est évitable par l'installation de clapets automatiques dans les conduites et l'installation de capteurs de température dans chaque pièce ou par la démultiplication des échangeurs de chaleur. Cette dernière solution peut se révéler être la meilleure dans le cas d'un grand bâtiment comme une école où se côtoient des classes de 15 élèves répondant à une interro et d'autres de 25 élèves dans une salle d'ordinateurs. Même problème dans le cas d'un hôpital où la maternité est par tradition un étage plus chauffé ou dans celui de tout bâtiment où la demande en chaleur des pièces est hétérogène. L'élaboration d'un bâtiment passif est un travail rigoureux nécessitant une modélisation stricte des flux de chaleur, des zones à risques de déperdition et de dimensionnement du système de ventilation. De même, l'entrepreneur doit avoir une très bonne connaissance des problèmes d'étanchéité et de ponts thermiques et doit suivre scrupuleusement les plans établis. En cas d'erreur lors de la conception ou de la construction, la maison risque de ne pas avoir l'efficacité énergétique désirée. Et qui dit maison passive ne dit pas forcément maison écologique. La norme ne définit en effet en aucune manière le type de matériaux à utiliser. Tout cela reste à la discrétion du maître d'ouvrage, de l'architecte et de l'entrepreneur. Ainsi, si le choix est de réaliser une maison passive écologique, on privilégiera des isolants organiques, du bois d'origine locale, des peintures respectueuses de l'environnement, on évitera des éléments polluants tels les triples vitrages renfermant de hexaflorure de soufre (SF6, ayant un potentiel de réchauffement à cent ans 24 mille fois supérieur au CO2) etc. Si certains projets allemands annoncent un prix à la construction comparable à celui d'une maison neuve classique, les surcoût sont en général de 10 à 15 % et proviennent principalement de la quantité de matériau isolant, des triples vitrages venant d'Allemagne et des travaux de terrassement dus au placement d'un éventuel puits canadien. En revanche, on économise sur l'installation d'un système de chauffage central tout en faisant une fleur à l'environnement. D'après la Plate-forme Maison Passive, l'investissement est rentabilisé en 20 à 30 ans grâce aux économie d'énergie, voire moins si le prix de celle-ci explose dans les années à venir. On peut même imaginer que ces maisons prendront une plus-value lorsque les maisons traditionnelles peu isolées deviendront un gouffre financier à chauffer. Quand on possède déjà une maison, la tentation peut être grande de la rénover pour en faire une maison passive. Si, en théorie, cela reste faisable, en pratique, on se heurte à de grandes difficultés. Les contraintes viennent principalement des ponts thermiques, très difficiles à éliminer sauf à réaliser de coûteux travaux. Le gainage des conduites et l'élimination des fuites d'air sont eux aussi délicats à réaliser. Quant à l'installation d'un puits canadien, elle est généralement impossible. À cela s'ajoute l'épaisseur de l'isolation qui diminuera la surface habitable intérieure et engendrera des fenêtres placées plus profondément dans les murs. Mais tous ces travaux, même s'ils ne permettent pas au bâtiment d'atteindre les normes « passives », lui donneront un important gain d'efficacité énergétique, gain à mettre en balance avec le coût de la rénovation qui peut facilement avoisiner le coût de la construction d'un bâtiment passif neuf. « Une maison passive doit être conçue intelligemment. » Trois questions à… André De Herde, directeur de la Cellule de Recherche « Architecture et Climat » de l'UCL. Quel est le rôle de votre cellule de recherche concernant les maisons passives ? Il est indirect. Nous concevons des bâtiments dits climatiques qui utilisent en partie les techniques employées dans la construction des maisons passives, tels les puits canadiens et la ventilation à double flux, mais nous avons une conception plus globale de l'adéquation architecture/climat. Elle tient compte de tout l'environnement de la maison afin d'optimiser la régulation thermique et l'apport de lumière naturelle au fil des saisons. Nous jouons aussi sur l'utilisation ou non de l'inertie thermique, là où les maisons passives en sont dépourvues un maximum. Nous préférons profiter de ce que le climat peut nous apporter plutôt que de nous en protéger. En ce sens, les maisons climatiques sont un concept vaste dans lequel se retrouvent, entre autres, les maisons passives. Y a-t-il des défauts intrinsèques aux maisons passives ? Il n'y en a aucun, du moment que l'architecte a conçu intelligemment ses plans. Une maison est avant tout faite pour y vivre. Quelqu'un qui voudrait appliquer à la lettre l'esprit d'économie des maisons passives en arriverait à réaliser des maisons sans fenêtres. Y a-t-il des lieux où l'implantation est impossible ? Non, mais il y a des endroits où l'on ne devrait pas construire : à la campagne (sauf si on travaille sur place). Avec la hausse du prix des énergies, l'avenir de l'habitat est assurément dans les villes. La maison passive obéit à des standards de construction rigoureux. Un bâtiment passif est avant tout conçu pour consommer le moins d'énergie possible. L'objectif est d'obtenir une maison dont la demande pour le chauffage est inférieure à 15 kWh/m² par an (contre environ 200 kWh/m² par an pour une maison classique) et dont la demande totale en énergie (chauffage, eau chaude, appareils) se situe sous les 42 kWh/m² par an. Pour obtenir une telle efficacité énergétique, la conception d'un bâtiment passif repose sur quatre piliers. 1 – L'isolation thermique est extrêmement poussée. Plus de 30 cm d'épaisseur d'isolant maintiennent la maison au chaud, contre moins de 10 pour une maison classique. 2 – Les fenêtres ont un rôle ambigu : d'une part, elles permettent de faire entrer la chaleur solaire mais elles sont aussi à l'origine d'une grande perte de chaleur vers l'extérieur. On choisit donc des vitrages triples à basse émissivité. Ces vitrages sont tellement performants qu'ils isolent mieux que les châssis sur lesquels ils sont montés. Afin de réduire le nombre de ceux-ci, on privilégie donc un petit nombre de grandes surfaces vitrées plutôt qu'une multitude de petites. Pour maximiser l'apport de chaleur, ces fenêtres sont placées préférentiellement au sud et à l'est, les fenêtres à l'ouest apportant trop de chaleur en été 3 – Les ponts thermiques et les fuites d'air sont à éviter le plus possible dès la conception du bâtiment et jusque pendant la construction de celui-ci. Un pont thermique est une zone localisée de grande conductance thermique dans une paroi. Cela arrive par exemple à la jonction entre un plancher et un mur porteur. Si le plancher pénètre trop loin dans la couche d'isolant ou la dépasse, il devient un vecteur important d'évacuation de la chaleur vers l'extérieur. Des ponts thermiques peuvent également apparaître en cas de mauvais placement des matières isolantes 4 – La ventilation à double flux est au cœur du fonctionnement d'un bâtiment passif. L'air vicié est aspiré des espaces utilitaires (cuisine, salle de bain, WC etc.). De l'air frais est, lui, envoyé dans les pièces d'habitation. Ces deux flux se croisent sans jamais se mélanger au sein d'un échangeur de chaleur à contre-courant. Le flux chaud sortant réchauffe le flux froid entrant pour récupérer jusqu'à 90 % de la chaleur ! S'il a été installé, un puits canadien (également appelé puits provençal) permet de préchauffer l'air. Ce système consiste en une longue canalisation placée de 1,5 à 2 m sous la surface. À cette profondeur la température est relativement stable et oscille entre 12 et 15 °C au cours de l'année. L'air entrant est ainsi préchauffé en hiver et rafraîchi en été. Ces quatre piliers respectés, la maison ne devrait quasiment plus nécessiter de chauffage, l'apport en chaleur étant assuré par la présence des habitants, par leur activité, par le fonctionnement des appareils, par l'utilisation d'eau chaude et par l'éclairage. En hiver, un chauffage d'appoint peut consister à allumer une lampe à halogène. On le voit, la maison passive est avant tout une maison conçue pour l'hiver. En été, l'échangeur de chaleur est court-circuité et l'air frais arrive directement du puits canadien. Il devient nécessaire aussi de se protéger d'une surchauffe due au soleil par l'installation d'auvents, de stores ou encore par la protection d'un arbre à feuilles caduques. Pour une maison en bon état, il convient d'entretenir minutieusement le système de ventilation en nettoyant le puits canadien, en remplaçant les filtres et en s'assurant du bon fonctionnement des ventilateurs. En cas de panne, cette maison étanche deviendrait très rapidement invivable. Expérience. Un confort thermique inégalé durant toute l’année. À Kettenis, près d’Eupen, il ne fait que 10°C à l’extérieur en cette fin de mai. Dans la maison des époux Johanns, il en fait 23. Cela fait pourtant depuis Pâques que leur chauffage, un poêle à granulés de bois, n’a plus fonctionné. Ils ont emménagé dans cette maison passive en bois en septembre 2004 avec leurs deux enfants. La maison, conçue par l’architecte Leo Michaelis, était prévue pour ne consommer que l’équivalent de 430 litres de mazout par an. La première année, cette consommation n’a été que de 330 litres et de 260 cette année, l’habitude quant au fonctionnement de la maison aidant. Leur grande surprise a été de découvrir un confort thermique sans commune mesure avec une maison classique. Non, il ne fait pas froid dans une maison passive en hiver. Chez eux, il faisait 21°C dans toutes les pièces et l’air était toujours frais grâce à la ventilation et l’échangeur de chaleur. Il n’y a non plus aucune zone froide comme on peut en trouver habituellement dans une maison. En été, ils préfèrent couper tous les systèmes de ventilation, y compris le puits canadien, et ouvrent grand les portes et fenêtres pour profiter pleinement de l’air extérieur et permettre à leurs deux enfants d’aller et venir pour jouer dans le jardin. Même sous le toit, s’il fait chaud, il ne fait jamais étouffant. La maison a été construite en quatre mois grâce à la préfabrication des éléments dans un hall. Construire en bois (de l’épicéa belge) a été pour ce couple un choix esthétique et écologique. L’ensemble de la maison, isolants compris, permet de stocker plus de 50 tonnes de CO2. L’incendie n’est pas à craindre : un panneau de bois de deux centimètres d’épaisseur résiste au feu durant 60 minutes. Michel Johanns a même réalisé un test en tentant de faire brûler un échantillon de la cellulose servant d’isolant, sans résultat. La prime d’assurance incendie est d’ailleurs identique à celle d’une maison ordinaire. Et le bois, en brûlant, produit beaucoup moins de fumées asphyxiantes mortelles que les matières synthétiques. Repères. - La maison passive est née en Allemagne en 1988 à l'institut Wohnen und Umwelt de Darmstadt. Le premier prototype a été achevé en 1991 à Kranichstein et loge le Dr. Wolfgang Feist, auteur des recommandations à la base du standard « maison passive ». On estime actuellement le nombre de maisons passives à plus de 5000 en Europe. - Le terme « passif » désigne le comportement de la maison, qui profite de la chaleur qui y est créée ou reçue pour se chauffer. - Avec le transport routier et les installations industrielles, le chauffage est un des principaux émetteurs de particules fines dans l'atmosphère. Ces particules sont responsables de maladies pulmonaires et provoquent 386 000 décès prématurés par an dans l'Union Européenne. En Belgique, la perte moyenne d'espérance de vie due aux particules fines de moins de 2,5 microns d'origine humaine est de plus de deux ans. Par ordre croissant d'émission de particules, les stèmes de chauffage sont le solaire et l'électricité éolienne personnels, le gaz, l'électricité du secteur, le mazout, le charbon et le bois. - Le chauffage représente plus de la moitié de la consommation énergétique d'un ménage alors que le Belge moyen consomme l'équivalent de trois planètes et que nous faisons partie des 20 % de la population mondiale qui exploite 80 % des richesses de la Terre. Une gestion plus responsable du chauffage de la part de chacun est essentielle dans la lutte contre la pollution et l'épuisement des ressources. - La Plate-forme Maison Passive est une ASBL regroupant l'essentiel des acteurs belges et principalement flamands dans le domaine des maisons passives (entrepreneurs, architectes, bureaux d'étude,...) ainsi que des particuliers. Son objectif est de promouvoir la réalisation de ce type de constructions, de faciliter les contacts entre les différents acteurs et d'informer les personnes ou sociétés intéressées. Site Internet : www.maisonpassive.be - Il y a une semaine, l'entreprise de construction Cit Blaton a annoncé la rénovation de son siège schaerbeekois suivant les normes passives. - Le bureau d'architectes FHW basé à Limbourg en province de Liège se construit actuellement de nouveaux locaux à Verviers. Ces bureaux passifs prendront la place d'une friche urbaine due à la destruction d'une maison suite à une fuite de gaz. - Plus de 600 personnes ont participé à la dixième Conférence Internationale sur les Maisons Passives qui s’est tenue le week-end dernier à Hanovre. Y a entre autre été présenté le hall des sports passif de l’école Albert Einstein de Laatzen, Allemagne. - Le Schiestlhaus est un refuge de haute montagne situé à 2156 mètres d’altitude au Hochschwab dans les Alpes autrichiennes construit selon les normes passives. - La Libre de ce lundi a relaté le parcours du combattant d’un couple pour faire accepter leur projet, trop inhabituel pour l’administration. Ils n’ont pas pu bénéficier non plus d’une prime à l’énergie de la Région wallonne, leur chauffage à bois étant trop petit selon les critères fixés. Un paradoxe quand on sait que leur projet s’est retrouvé parmi les quatre nominés au Prix de l'Éco-Citoyen 2006, décerné par le Ministre wallon de l'Environnement.
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Genèse
Le Premier Jour, Dieu créa la Femme et l'Homme.
Nus sur cette Terre, ils vivaient simplement.
La Femme et l'Homme s'aimaient.
Et Dieu vit que cela était bon.
Le Deuxième Jour, Dieu créa les Produits.
Objets et Services vinrent emplir la vie de la Femme et de l'Homme.
La Femme et l'Homme aimaient les Produits.
Et Dieu vit que cela était bon.
Le Troisième Jour, Dieu créa l'Argent.
L'Argent stimula l'échange de Produits.
La Femme et l'Homme aimaient l'Argent.
Et Dieu trouva que cela était bon.
Le Quatrième Jour, Dieu créa la Publicité.
La Publicité aida la Femme et l'Homme à devoir moins penser.
La Femme et l'Homme suivaient la Publicité.
Et Dieu se demanda si c'était vraiment bon.
Le Cinquième Jour, Dieu créa la Mode.
La Mode renouvelait sans cesse ce qui n'était pas encore vieux.
La Femme et l'Homme suivaient la Mode.
Et Dieu commença à trouver ça un peu con.
Le Sixième Jour, Dieu créa le Crédit.
Le Crédit poussa la Femme et l'Homme à s'endetter pour acheter.
La Femme et l'Homme trimaient pour rembourser.
Et Dieu se dit : « Ce ne sont pas Mes oignons. »
Le Septième Jour, Dieu se reposa devant la Télévision.
La Télévision permettait à la Femme et l'Homme d'oublier
leur excès de Travail.
La Femme et l'Homme donnaient leur cerveau à la Télévision.
Mais Dieu s'en foutait royalement.
Alléluia...
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Le 1er mai, je fais ce qu'il me plaît - Les sociétés par actions.
Les sociétés anonymes (ou sociétés par actions) représentent l’essentiel des entreprises de grande importance aux niveaux local ou mondial. Mais comment fonctionnent-elles ? Pour le savoir, rien de tel qu’un petit cours didactique (rassurez-vous, c’est très simple à comprendre).
Le principe des sociétés anonymes. Imaginons que quelqu’un, que nous appellerons Claude, ait une idée pour fonder une entreprise mais n’a pas suffisamment d’argent pour la concrétiser. Plusieurs solutions s’offrent à Claude. Elle ou il peut demander un prêt à une banque privée ou publique pour construire sa propre boîte. Claude peut aussi s’associer avec des particuliers croyant au projet pour fonder ensemble une société coopérative. Enfin, elle ou il peut demander de l’aide financière à des personnes (aux termes de la loi, une personne aussi peut être une entreprise ou association ; on parle alors de personne morale, par opposition à la personne physique) pour investir dans son projet.
Dans ce dernier cas, on parle de société anonyme. Chaque personne (physique ou morale) peut donc investir dans le projet de Claude en achetant des actions (nous expliquerons plus bas ce que les actions représentent). Ces actions peuvent s’acheter en argent mais aussi en matériel ou en idées. Ainsi, Claude peut se réserver une partie des actions car son idée, si elle est valable, représente une somme d’argent potentiel. C’est ce principe de fonctionnement que vous avez peut-être déjà rencontré dans le cadre d’une mini-entreprise dans votre école d’enseignement secondaire.
Pour les personnes qui investissent dans de tels projets, le but ne se résume pas à aider un projet. Il s’agit aussi de pouvoir obtenir un bénéfice grâce à cet investissement. Ce bénéfice peut s’obtenir de deux manières : - par les dividendes (une sorte de remerciement en argent aux actionnaires pour leur contribution, ces dividendes sont versés aux actionnaires s’il y a suffisamment de bénéfices) ; - par la revente d’actions si d’autres personnes sont intéressées par l’entreprise et qu’elles sont prêtes à débourser plus d’argent que le prix d’achat de l’action.
Le fonctionnement des sociétés anonymes. Posséder une action d’une entreprise signifie être propriétaire en partie de cette entreprise. Ainsi, si vous possédez 20 actions d’une entreprise qui en a émis 100, vous êtes propriétaire à 20% de cette entreprise. Et cela vous donne des droits ! En effet, puisque vous êtes propriétaire, vous avez le droit légitime de participer (à hauteur du nombre d’actions que vous possédez) aux décisions concernant le fonctionnement de l’entreprise qui vous appartient en partie.
Ces décisions se font au sein de l’assemblée des actionnaires. Mais, en pratique, les actionnaires délèguent le contrôle de l’entreprise à des personnes plus qualifiés qu’eux en matière de gestion. Ce sont les administrateurs.
Les administrateurs ne sont que des exécutants. On peut les comparer aux ministres de l’Ancien Régime. En effet, un roi ou un seigneur de l’Ancien Régime ne pouvait régir seul l’ensemble de son territoire. Il déléguait donc certains de ses pouvoirs à des assistants appelés ministres (du latin minister : serviteur).
L’assemblée des actionnaires. Cette assemblée, regroupant l’ensemble des actionnaires et, donc, des propriétaires, est en réalité l’instance de décision d’une société anonyme. Les actionnaires peuvent, en effet, décider soit de s’en remettre exclusivement aux administrateurs pour faire fructifier leurs biens, soit de les inciter à œuvrer dans une certaine direction pour maximiser leurs profits. Et un administrateur qui refuserait de se conformer aux envies des actionnaires risque de se faire débarquer sans autre forme de procès.
Et cela sans aucun risque pour les actionnaires car, légalement, ils ne sont pas responsables de l’entreprise dont ils sont propriétaires. En pratique, cela veut dire que, quels que soient les agissements de l’entreprise dont ils sont propriétaires, ils ne peuvent être considérés comme responsables.
Pire ! Contrairement aux seigneurs de l’Ancien Régime, ils peuvent aisément revendre leurs actions dans une entreprise tout en se dédouanant d’une éventuelle faillite ultérieure qu’ils ont eux-mêmes contribuer à créer. Le profit immédiat qu’ils attendent n’a que faire des conséquences humaines, sociales ou environnementales de leurs décisions. Tout repose sur les administrateurs. Les actionnaires, eux, sont libres d’aller placer leurs billes dans d’autres entreprises sans crainte d’être inquiétés.
Conclusion. L’actionnariat est un moyen intéressant pour financer des projets. Hélas, ce système génère des dérives dues à l’envie des actionnaires de ne pas investir dans l’activité d’une entreprise mais d’en retirer à tout prix des bénéfices.
Une solution pourrait être de responsabiliser légalement les actionnaires. En effet, ils ne sont pas responsables ni civilement ni pénalement des agissements de leurs sociétés, cette responsabilité revenant aux administrateurs. Ils sont pourtant les décideurs ! Tant que durera ce système de fonctionnement des sociétés anonymes, nous serons à la merci de personnes qui peuvent décider de nos vies sans avoir de comptes à rendre, tout comme le font les dictateurs.
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Information complémentaire. Toutes les sociétés anonymes ne sont pas cotées en bourse. La cotation en bourse découle d’une décision de mettre tout ou partie des actions en vente libre au public. Dans le cas contraire, les actions se vendent en privé de personne (physique ou morale) à personne. Ceci ne change rien aux droits des actionnaires dans le processus de décision de l’entreprise. (Un jour, je vous parlerai peut-être de la spéculation et de l’instabilité naturelle de la Bourse.)
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Anticipation
Voici de nouveau un texte que j'ai publié ailleurs.
Ce texte ne parle que d'évolutions globales, semblables pour tous les habitants. Je crois plutôt que ce seront les plus pauvres qui seront touchés en premiers. Voyez ce qui se passe maintenant en Ukraine à qui la Russie à coupé le gaz : les prix vont monter et seuls les plus riches pourront se l'offrir. On pourrait même en voir qui organiseraient des convois d'approvisionnement. Les plus pauvres, eux, seront victimes de l'augmentation des prix du gaz mais aussi du pétrole, de l'électricité, du bois, et de tous les produits de consommation courante à cause de la dépendance de ceux-ci à l'énergie.
Certains se retrouveront à la rue, d'autres vivront de la débrouille (et de la simplicité involontaire) et d'autres encore iront braquer les stations-service pour s'approvisionner en carburant ou en argent.
Les paysans ne pourront plus produire suffisamment de denrées pour tout le monde. Ils permettront à des expatriés de la ville d'exploiter une part de leurs terres pour leur consommation personnelle mais, surtout, pour la production commerciale du paysan. Les fermiers redeviendront de grands patrons ayant plein de métayers. D'autres, plus généreux, cèderont des parcelles de terre (ce qui ne sera pas sans créer des jalousies) qui, sinon, retourneraient en friche.
Et gare aux pillards et aux nouvelles mafias qui rackèteront les producteurs... ________________________
Catastrophiste ? Oui. Mais c'est un exemple de scénario qui me semble plausible si rien n'est fait pour l'éviter. À la dérégulation brutale due à la récession, je préfère embrasser la décroissance soutenable. Je pense d'ailleurs rejoindre un groupe qui fait de la permaculture, histoire de me préparer. Pour les pillards et les mafias, je n'ai pas encore trouvé de solution...
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Il y aura encore du boulot, cette année...
« Ils s'embrassent au mois de Janvier, Car une nouvelle année commence, Mais depuis des éternités L'a pas tell'ment changé la France. » chantait Renaud en 1975.
Voici un extrait du répondeur de l'(excellente) émission de Daniel Mermet, Là-bas si j'y suis.
Je ne ferai pas d'autre commentaire...
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